POLITIS n°981 : courrier des lecteurs

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POLITIS n°981 : courrier des lecteurs

Message  Barbara le Sam 26 Jan - 15:02

Voici la réponse d'un membre de FLE attaque à l'article de Politis (Louche intégration).
Paru le jeudi 20 décembre 2007.

http://www.politis.fr/Courrier-des-lecteurs-Politis-981,2593.html

Précisions
Formatrice en FLE [français langue étrangère] et membre de « FLE attaque », je me permets d’apporter quelques précisions à l’article de Xavier Frison paru dans le n° 979 de Politis et intitulé « Louche intégration », qui traitait d’un diplôme de français destiné aux migrants mis en place par la préfecture du Rhône.
Celle-ci propose une formation de 38 heures à des personnes qui se portent volontaires, sans aucune expérience, pour former les migrants au Dilf (diplôme initial de langue française).
Le préfet du Rhône, Jacques Guérault, offre de substituer cette formation au diplôme de l’Éducation nationale qui valide un niveau minimum pour enseigner le FLE, soit une maîtrise en FLE et l’expérience de deux stages. Ce prérequis reste, à raison, exigé de tout autre enseignant du public comme du privé. Il est même devenu essentiel aux organismes de formation et aux associations dans la lutte concurrentielle pour répondre aux appels d’offre des formations pour adultes en français.
Seulement, pour cet ancien directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy, les profs diplômés coûtent trop cher, d’autant qu’il s’agit de former la partie la moins considérée de la population : les personnes pauvres ou peu scolarisés et immigrées.
Ce qui me choque également, dans ce plan, c’est que ces « formateurs volontaires », puisqu’ils sont retraités ou salariés « désireux de se lever tôt » pour arrondir leurs fins de mois, vident nos missions de leurs statuts professionnels. À l’issue de leurs vacations, ces volontaires n’auront pas besoin de faire valoir leurs droits et ne s’inscriront pas aux Assedic. Nos conditions de travail sont déjà très précaires, et l’on vient d’inventer la possibilité d’embaucher un personnel qui ne revendiquera même plus de protection sociale, acquis de tous les salariés...
Que le privé ait du mal à valoriser nos salaires en reconnaissant l’utilité de nos fonctions et les compétences nécessaires, c’est déjà un gros problème, mais qu’un préfet ne s’interroge pas plus sur l’intérêt sociétal émanant de ce secteur, c’est carrément la décadence. Alors qu’on est censé rebattre les oreilles de nos apprenants avec la citoyenneté, la démocratie et autres égalités des chances...
Catherine Bordet

Barbara

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