Témoignage d'une "volontaire" de CLEF

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Témoignage d'une "volontaire" de CLEF

Message  Lucie le Jeu 31 Jan - 22:18

Voici le mail que j'ai reçu d'une retraitée de l'enseignement :

Bonjour,


Je suis professeur des écoles récemment retraitée et je fais partie à mon grand dam de ces pseudo-formateurs CLEF. J'ai été contactée par téléphone par des personnes qui ne savaient rien (tout était fait dans l'urgence), j'ai accepté car j'ai une maigre retraite et qu'après m'être occupée pendant 35 ans de petits enfants, je trouvais intéressant de faire une formation pour adulte.

Mais les mauvaises surprises sont vite arrivées. Premièrement, il n'y a eu dans les faits que 24 heures de formation. Deuxièmement, 32 % sont des employés de préfecture qui n'ont jamais eu aucun lien avec la pédagogie. Troisièmement, j'ai su dès le premier jour de formation à Lyon 2 par les tracts distribués que nous prenions la place de gens formés au FLE.

Enfin, j'ai appris que notre préfet - qui tient tant à offrir une formation pour le DILF aux immigrés en situation régulière - n'hésite pas de l'autre main à expulser avec vigueur (il est surnommé "le nettoyeur" dans la région).

Pour finir, tout cela étant bien organisé, nous arrivons en février et nous n'avons toujours pas de locaux, donc les cours n'ont pas commencé.

Quand certaines personnes ont soulevé le "problème" (postes pris à des FLE), on nous a rétorqué que nous nous occupions du DILF ("initiation") et que suivaient un DELF et un DALF d'un niveau beaucoup plus élevé et dont la préparation était réservée aux FLE. Que pensez-vous de cet argument ?

Cordialement,

_________________
Lucie Jandot

Lucie
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plan CLEF

Message  Catherin le Dim 3 Fév - 13:33

Bonjour,

Je suis formatrice en FLE (par ailleurs, membre de "Fleattaque" - collectif francilien de professionnels du FLE)

Ce que je pense de cet argument est qu'il est parfaitement fallacieux.

Le DILF est le premier degré de sanction de compétences linguistiques. Il est préparé par des apprenants débutants ou faux débutants. Former des personnes à se débrouiller dans les tous premiers temps de leur apprentissage est tout aussi important et demande tout autant de travail qu’un approfondissement des connaissances. C’est juste différent, mais pas plus facile. Je dirais presque au contraire. Généralement, dans nos cadres institutionnels, les apprenants débutants disposent de très peu de temps dans les formations qu’on leur propose (dans le cadre du CAI, ils ont au maximum 400h et encore rares sont ceux qui en bénéficient).
Tout le défi des formateurs est de leur permettre de dépasser le simple cadre de communication qu’est « se présenter et présenter sa famille et répondre aux questions sur son identité ».
A la faculté, nous sommes formés à identifier et à gérer les problèmes cognitifs que peuvent rencontrer les apprenants ; immigrer n’est pas une chose anodine, cela peut même être une expérience traumatisante. En étant sensibilisés à l’interculturalité, par exemple, on peut les aider à dépasser des caps inhibiteurs qui les bloquent dans leur apprentissage.

Avoir comme interlocuteur des agents de la préfecture absolument pas, comme vous le dites, formés à la pédagogie, je crois que c’est se rapprocher de la catastrophe humaine.
Parlons nous de partage du savoir, désir d’apprendre ? Non ! Mais processus administratif, chantage aux papiers…
Vous qui aviez certainement choisi le métier d’institutrice par vocation, vous devez passablement déchanter.

Catherin
Invité


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QUALITE au rebut

Message  cricri le Jeu 7 Fév - 0:35

Pas de doute pour moi : il n'y a pas de 'race de seigneurs' dans notre branche professionnelle.
Un tuteur en centre de ressource n'est pas un sous-formateur, un professeur d'université n'est pas un caid de l'économie du savoir, un accompagnateur à l'emploi n'est pas privé de la possibilité d'être dans l'élite intellectuelle, un enseignant retraité peut faire un très bon travail pédagogique avec les migrants, tout comme le formateur.
Se placer en rivaux les uns des autres, s'ériger en 'je suis spécialiste, j'exige le monopole que m'octroie de droit, mon diplôme et/ou mon expérience', c'est envisager la situation dans une optique de castes et de passe-droit. On peut tous être excellents. Et solidaires.
Le problême surgit quand il n'y a pas suffisamment de travail pour tous. Quand on vous laisse sur le coté de la route en vous préfèrant une autre catégorie de salariés, plus dociles, plus économiques, plus propices à être utilisés comme 'variables d'ajustement 'dans la comptabilité à court terme des régions, des Gouvernements, des entreprises. Quand vous vous retrouvez 'moins que rien'.
Lorsque les patrons appliquent la loi TEPA et donnent aux salariés à Temps Complet des hs sup' défiscalisées, qu'ils prennent sur vos maigres heures de CDII ou CDDs d'usage courants, précarisant encore plus notre profession. Lorsqu'ils souhaitent rendre compétitif ce secteur en adaptant la ‘production’ aux attentes, disponibilités et exigences des clients et en échangeant une augmentation salariale nationale (à peine identique à l'augmentation du coût de la vie) contre la possibilité d’accroître la flexibilité.
Nos petites luttes pour tenir la boutique, nos discours sur la qualité et le suivi de nos stagiaires n'auront plus lieu d'être si nous acceptons ce que nos employeurs demandent : d’appliquer le forfait jour aux formateurs, ce qui remet en cause la répartition conventionnelle du temps de travail pour cette catégorie de salariés
Un diagnostic a été commandé par ces mêmes patrons et les représentants des salariés concernant le temps de travail des formateurs D et E. Les résultats sont attendus pour mai 2008.
Nous vous tiendrons informés.

Que veut le SNPEFP ?
Le SNPEFP CGT ne comprend pas la précipitation des autres syndicats à accepter de négocier sur d’autres thèmes que celui des salaires.
La CGT affirme que le devenir des emplois passe par la revalorisation du travail, l’attractivité des salaires liés aux qualifications, la reconnaissance et prise en compte des formations suivies, le renforcement dans le cadre national de garanties et droits acquis aux salariés, la résorption des emplois précaires et leur transformation en emplois stables, la transformation des heures supplémentaires en postes effectifs.

cricri

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